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Soyez témoins de l’évolution technologiques des sciences médico-légales au service de la justice dans Cold Cases de Richard Marlet et Christine Poulmart

Cold case les enquêtes résolues par la science de Richard Marlet et Christine Poulmart. Éditions de l’Opportun. Photo : Philippe Lim
Cold case les enquêtes résolues par la science de Richard Marlet et Christine Poulmart. Éditions de l’Opportun

Enrichissant. Poignant. Captivant. Voici les termes qui caractérisent le mieux Cold cases ces enquêtes résolues par la science de Richard Marlet et Christine Poulmart. Ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun est plein de compassion, de respect envers les victimes et leurs familles. Mais aussi envers ceux et celles qui s’investissent pour résoudre les affaires restées irrésolues. Ainsi nous retrouvons en ouverture de Cold cases : « Ce livre est dédié aux victimes, à leur famille, à celles et ceux qui les soutiennent et œuvrent à la manifestation de la vérité ».

Au-delà de s’intéresser uniquement aux enquêtes, cet ouvrage des plus enrichissant aborde les progrès de la science. Ceux-ci sont constants et permettent de résoudre des cold cases. Cela tout en apportant à défaut de la paix des réponses aux familles des victimes. « Ils incarnent une volonté nouvelle. Celle de ne pas laisser les morts sans réponse, ni les vivants (…) ». De même cela incarne un « formidable espoir pour les familles qui voient leur histoire reprendre vie ».

L’objectif des auteurs anciens de la police judiciaire est de « redonner la voix à ceux qui ne l’avaient plus (…) ». Avec ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun « Ils racontent comment parfois le temps s’arrête, comment les questions restent sans réponse. Jusqu’à ce qu’une avancée scientifique fasse redémarrer la machine judiciaire ». Car il ne faut pas oublier que derrière chaque affaire non résolue. La vie et les espoirs des familles des victimes restent en suspens. A travers Cold cases, les auteurs « rappellent que la vérité peut surgir certes avec du retard, mais qu’elle peut réparer, apaiser ».

Les affaires abordées nous invitent à entamer un voyage à travers l’espace et le temps. Ainsi elles se déroulent en France, aux États-Unis, au Canada, mais aussi au Royaume-Unis. A chaque fois les cold cases sont introduits par un titre des plus parlant associé à l’affaire traitée. Tout d’abord le crime abordé est mis en situation.

La première affaire abordée par ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun s’intéresse à l’affaire Mary Ann Cotton. Dès le début, le titre nous renseigne sur la nature du crime « la veuve noire ». Ce premier cas nous entraîne dans un voyage dans le passé. Plus précisément au sein de « l’Angleterre victorienne du XIXe siècle dans un monde en pleine industrialisation où le crime a aussi sa place ».

Pour commencer le portrait de l’accusée, puis celui des victimes nous sont dressés. Pour le premier sans complaisance et pour les seconds avec tout le respect et la compassion qu’ils méritent. Cela dans un style facile à lire qui captive notre attention. En plus de s’intéresser aux affaires en elles-mêmes les auteurs abordent aussi le contexte historique. Anticipant ainsi parfois les interrogations que nous pourrions nous poser. Ainsi concernant le fait que nombre de ses enfants mourraient sans attirer l’attention. On apprend qu’à « cette période, les morts prématurées d’enfants n’étaient pas inhabituelles et rien ne laissait supposer que Mary Ann y soit pour quelque chose ».

Des plus enrichissant Cold cases de Richard Marlet et Christine Poulmart nous apprend de nombreuses choses. Ainsi on découvre que les « 35 livres d’assurance vie qu’elle toucha équivalaient à 6 mois de salaire d’un ouvrier ». Mais aussi concernant les interrogations que pourrait soulever chez nous cette affaire. Dont sur ce point : « Comment Mary Ann a-t-elle pu échapper aux poursuites si longtemps ? ».

Sur ce point plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Ainsi « l’empoissonnement à l’arsenic à des effets similaires à des maladies courantes à l’époque telle que la gastro ou la dysenterie souvent fatales ». Mais aussi « les médecins n’étaient pas tous compétents, les conditions sanitaires déplorables ». De plus « elle faisait partie de la classe ouvrière urbaine qui déménageait souvent l’anonymat était devenu la règle et avec la mauvaise tenue des registres paroissiaux et civils… ».

Autour de ce premier monstre à visage humain, les morts se multiplient. Sans que cela n’alerte concrètement qui que ce soit. « Rassurez-vous avec les avancées de la science médico-légale des meurtriers comme Mary Ann n’auraient pas fait autant de victimes ». Peu après, nous sommes amenés à faire connaissance avec ses différents maris ou plutôt victimes en puissance. Cependant elle commettra une erreur. Celle-ci attirera l’attention sur elle et ses précédents crimes.

Durant cette section de ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun, nous retrouvons abordé comme dans Gueules d’assassin la presse et son pouvoir à cette période. Le public comme maintenant à un autre niveau « adore les faits divers, crimes, scandales. Pour attirer le lectorat, les articles sont accompagnés d’illustrations ». De même « on invente des articles-feuilletons. Il faut tenir le lecteur en haleine et avoir de nouvelles informations tous les jours ».

Au cours de notre lecture de Cold cases de Richard Marlet et Christine Poulmart on apprend de nombreuses choses parfois des plus étonnantes. Dont concernant l’usage du cyanure à cette époque. « A dose infinitésimale, il a la réputation d’être un stimulant. Des toniques à l’arsenic sont même délivrés en pharmacie. Son composé contenait 1g d’arsenic ou la dose létale est de 3g ». De même devant « le nombre de procès par empoissonnement le Parlement britannique adoptera la loi Arsenic réglementant strictement la vente en 1854 ».

Mais par-dessus tout ce qui fait le charme tout au moins pour moi de ce livre c’est qu’il nous explique voire nous confronte à la science médico-légale et à ses progrès. Ainsi nous retrouvons entre autres tout au long de ces Cold cases des encarts explicatifs. Ici il est consacré à la toxicologie. On y apprend entre autres que celle-ci « va plus loin que l’identification des substances étrangères dans un corps et peu aider à reconstituer les circonstances des morts suspectes ».

Au fil de notre lecture de ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun on suit les enquêtes, les faits dans des récits compatissants à l’encontre des victimes. De plus le style nous fait ressentir encore plus d’empathie pour les victimes.

Au cours des enquêtes évoquées dans Cold cases une avancée de cet art ou plutôt de cette science au profit de la justice est mise en avant. Ce sont celles-ci qui ont permis de résoudre de nombreux cold cases. Ainsi dans l’affaire Marise Ann Chiverella dont le titre « 58 ans plus tard », nous démontre que peu importe le temps, le nombre d’années il est toujours possible qu’une affaire soit résolue. Ici il est question d’ADN et généalogie.

« En 2019 avec l’aide de Parabon NanoLabs, le profil ADN avait été téléchargé sur GEDMatch une base de données généalogiques. La police a pu obtenir une première correspondance. Le match ne les a pas menés directement au tueur. Mais révèle une comptabilité avec un parent éloigné de la famille du suspect ». Un encart donne plus de précision sur cette avancée technologique.

Au fil des différentes sections de Cold cases, les auteurs relatent les faits, les enquêtes et les crimes. Cela toujours avec un grand respect pour les victimes et leur famille sans miser sur le sensationnalisme. Ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun est écrit dans un style facile à lire. Ce dernier se compose de phases courtes percutantes. De même les titres des sous-parties sont des plus parlants.

A chaque fois nous sommes confrontés et témoins de l’évolution de cette science. Cependant comme le dit si bien Richard Marlet et Christine Poulmart « les progrès de la science appliquées à la lutte contre toutes formes de délinquance peuvent venir se heurter à un appareil juridique limitant leurs usages ». Ce qui a de quoi nous surprendre.

Parmi les affaires ou plutôt cold cases résolus évoqués on peut citer BTK et d’autres affaires moins connues, mais tout aussi tragique. Dont « le Rambo fou » l’affaire Pierre Chanal, mais aussi « le Prédateur de Lille » l’affaire Denis Waxin. Au cours de cette dernière section, j’ai été surprise d’apprendre l’origine du portrait-robot.

Ainsi « le principe du portrait-robot est né du jeu des photos robots inventé par Roger Dambron qui sera récompensé par la médaille de bronze au concours Lépine en 1952. C’est une mallette contenant des photos de deux miles « morceaux » de visage (nez/bouche/yeux) qu’il s’agissait d’assembler pour en créer de nouveau ».

« L’idée sera reprise en 1955 par le chef du service régional d’identité judiciaire de Lille Emilien Paris. Il va utiliser une série de 144 photos anthropomorphiques qui sont découpées en trois bandes horizontales constituant ainsi les trois parties du visage (…) ». Pour en apprendre plus sur ce point, je vous conseille Gueules d’assassin. Puis la technique ne va pas cesser de s’améliorer dont à travers le « fichier Caronge ».

Tout au long de notre lecture de ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun, on remarque en ouverture de chaque section des phrases d’accroche. Celles-ci happent notre attention sur ces cold cases dont concernant « le tueur à la rose » L’affaire Pascal Lafolie. « II s’agit de l’un des plus vieux cold cases de France enfin résolu. 3 décennies pour cette affaire qui a permis d’identifier « un véritable chasseur de l’ombre ». Le tueur à la rose… ».

Au fil de notre lecture de Cold cases de Richard Marlet et Christine Poulmart nous sommes confrontés à des monstres humains, crimes glaçants, mais surtout à la douleur des victimes et de leurs parents. Comme nous avons l’occasion de le découvrir tout au long de ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun les progrès de la science font parler les indices.

Cela à travers une multitude de techniques détaillées et présentées ici. Parmi celles-ci : l’entomologie, la balistique, les tests ADN, la notion de parcours criminel, le portrait-robot génétique. Ces techniques nous apparaissent mises en situation à travers des affaires criminelles.

A noter tout de même quelques touches plus légères. Celles-ci nous permettront de souffler un peu et de faire retomber un bref instant la tension. Parmi celles-ci une magnifique référence au cinéma. au détour d’une page on trouve dans une phrase d’accroche « Mon voisin le tueur (film avec Matthew Perry et Bruce Willis). La réalité dépasse souvent la fiction ».

Au cours de ce livre proposé par les Éditions de l’Opportun les auteurs nous mettent en garde concernant les fakes news. Qu’elles proviennent des médias, des réseaux sociaux, « les fausses informations compliquent le travail des enquêteurs et intensifient la psychose ». De plus « cela entraîne un « travail énorme ». Car « il leur faut tout vérifier même s’ils savent que c’est une fausse piste ».

En conclusion et comme le dit si bien les auteurs « la mutation, l’évolution des techniques augmentent l’espoir de résoudre des cold cases ».

Apprenez qu’aucun crime peu importe le temps ne restera impuni avec Cold cases quand la science résout les crimes de Richard Marlet et Christine Poulmart.

Cold case les enquêtes résolues par la science de Richard Marlet et Christine Poulmart. Éditions de l’Opportun. Prix : l 9,90 €

Pour plus d’info : https://www.editionsopportun.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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