Pénétrez de l’autre côté du miroir pour voir l’influence de la Mafia à Hollywood et inversement grâce à Tim Adler
Captivant. Surprenant. Enrichissant. Voici les termes qui caractérisent le mieux La Mafia à Hollywood. A travers ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions, Tim Adler nous projette dans une ambiance entre L. A. Confidential et les films noirs. L’auteur nous invite à voir au-delà de l’usine à rêves et des strass pour y découvrir la part des ténèbres. Cela à travers un voyage à travers l’espace et le temps.
Dans l’introduction de ce livre proposé par les Nouveau Monde Éditions, Tim Adler nous explique la genèse de ce livre consacré à la Mafia à Hollywood. Ainsi « j’avais dans l’idée que d’une façon ou d’une autre la Mafia et Hollywood étaient deux entités entremêlées ». Après tout « l’industrie du rêve c’est toujours appuyé sur le crime ».
Au détour d’une page on croise la route de grands noms de la mafia, d’hommes politiques, mais aussi de stars d’Hollywood. Ce livre proposé par les Nouveau Monde Éditions nous ouvre les yeux sur une partie de l’histoire du cinéma ou de l’actualité voire des faits divers.
Tim Adler analyse de façon minutieuse le lien entre la mafia et Hollywood et l’influence que l’une exerce sur l’autre et inversement. Sur ce point « l’historien David Thomson souligne qu’à l’âge d’or d’Hollywood les magnats du cinéma se comportaient souvent comme des gangsters. Ils s’agissaient pour eux d’une façon de jouer les durs et de faire impression sur leurs concurrents ».
De plus « le cinéma en est venu à croire au mythe qu’il avait lui-même créé en présentant les gangsters sous un angle glamour plutôt que comme de simples escrocs et truands. Cependant il s’agit d’une interdépendance ou influence ». Ainsi « les gens du cinéma veulent copiner avec les voyous. Cependant les gangsters adoraient aussi fréquenter les célébrités ».
Au fil des pages de la Mafia à Hollywood de Tim Adler, on va de surprise en surprise. Car si la fiction s’inspire de la réalité, l’inverse est aussi vrai. « C’est d’ailleurs Hollywood qui a appris aux gangsters à s’habiller et à se comporter ».
Ainsi j’ai appris à mon plus grand étonnement entre autres que «ce ne fut qu’après la sortie du film le Parrain que les gangsters se mirent à utiliser le terme « parrain » qui a été inventé par Mario Puzo » et « à faire revivre des coutumes archaïques. Comme celle qui consistait à embrasser la bague du Don ». Plus donnant « un Don Sicilien demanda même à ce que la musique du film soit jouée au mariage de sa fille ».
Plongeons maintenant au cœur du sujet aux côtés de notre hôte Tim Adler. La première figure de la pègre abordée dans ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions est des plus célèbres. Il s’agit d’Al Capone dont le nom reste dans notre esprit indissociable de prohibition et d’Elliot Ness. La première section de la Mafia à Hollywood s’intitule « Al Capone à Hollywood ». Comme tout au long de cet ouvrage l’auteur se livre à une analyse, une étude minutieuse.
Dans un premier temps, nous sommes amenés à faire connaissance avec le tout jeune Alphonse Capone alors âgés de 17 ans. Ce dernier exerce le métier d’homme à tout faire au Harvard Inn. Un jour il ne put détacher ses yeux de la femme d’un couple assis à une table. Il s’approche et lui souffle à l’oreille « Tu sais. Tu as un joli cul et c’est à prendre comme un compliment ». Tout un poème. Face à cet affront, le frère de la femme « prend sa défense et taillade le visage de Capone à trois reprises ».
La Mafia à Hollywood de Tim Adler est des plus enrichissante et démystifie le mythe de la pègre créé par le cinéma. De même cet ouvrage est riche en anecdotes. Ainsi «Plus tard Capone appliquera sur sa peau des couches de talc afin de masquer les cicatrices. Obnubilé par leur présence il envisage de recourir à la chirurgie ». De même « Capone présente toujours son profil droit intact au photographe. Il déteste le surnom que la presse ne tarde pas à lui donner : Scarface ».
Des plus structuré, cet ouvrage proposé par Nouveau Monde Éditions nous livre comme à chaque fois une courte biographie. Cela bien sûr sans oublier le contexte historique. Ainsi « Entre 1901 et 1903 plus d’un million de Siciliens soit près de 25% de la population de l’île avait migré aux États-Unis dont les parents de Capone (…). Ils avaient quitté les (…) défavorisés de Naples pour les quartiers défavorisés de New York ».
Au fil notre lecture de cette section de La Mafia à Hollywood de Tim Adler nous suivons l’évolution, l’ascension d’Al Capone au sein de la mafia. Ainsi son chemin a croisé celui de « Johnny Torrio ». « L’homme qui allait bientôt organiser le crime à Chicago puis à New York et par extension à L. A. ».
S’ensuit un portrait de ce dernier. C’est lui « qui présente Capone aux « Five pointers » un gang. Ce nom se réfère à une intersection entre Broadway et Bowery ». L’ascension de Capone au sein de la pègre est marquée par des guerres de clans, de pouvoir et des règlements de comptes.
Bien sûr le lien entre la mafia et Hollywood commence à se tisser. Ainsi on peut observer un parallèle entre certains règlements de compte et le cinéma plus particulièrement le film Scarface. Pour ma part, je connaissais uniquement la version de Brian De Palma avec Al Pacino.
On peut citer par exemple le meurtre de Colosimo. Ainsi «ce dernier fut plus tard mis en scène dans le film de Howard Hawks de 1932 Scarface ». Un témoin le secrétaire de Colosimo avait décrit l’assassin. « Comme un homme costaud dont le visage présente des cicatrices sur le côté gauche ». Mais le lien entre la Mafia et Hollywood ne se limite pas à cela. Ainsi « les coussins supposés de Capone Charlie et (…) Fischetti allaient plus tard présenter Sinatra à Luciano ».
Tim Adler nous plonge à travers ce livre dans la part des ténèbres, d’ombre d’Hollywood. Durant ce passage de La Mafia à Hollywood, il nous dresse un portrait détaillé de Capone tout en abordant les syndicats et la corruption.
De même l’auteur s’intéresse aux différentes figures clé l’ayant côtoyé. Cela tout en mettant en avant le parallèle entre l’histoire du cinéma et de la pègre. Car « le cinéma était devenu » l’une des plus importantes industries d’Amérique.
Au cours de notre lecture de cette section de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions on apprend de nombreuses choses et on va de surprise en surprise. Ainsi on découvre que Capone « était le modèle original du gangster star qui distribuait les conférences de presse comme des confettis. Il aimait être le centre de l’attention ».
A mon plus grand étonnement, j’ai découvert que le cultissime Roger Corman avait consacré en 1967 un film à l’Affaire Al Capone. Ce dernier s’intéresse « à la lutte de pouvoir entre Capone, O’Bannion et (…) ». Détail amusant, le réalisateur a « utilisé des décors d’anciennes productions de la Fox ». Ainsi « la salle de bal créée pour la Mélodie du bonheur devient par exemple la villa de Capone ».
De même au cours de ma lecture de La Mafia à Hollywood, j’ai appris avec stupeur qu’une scène des Incorruptibles de De Palma a réellement eu lieu. Ainsi Elliot Ness « fit irruption dans une des brasseries de Capone en enfonçant la porte à l’aide d’un chasse-neige ».
Grâce à Tim Adler on découvre « qu’en 1931 la fraude fiscale était devenu la stratégie préférée du gouvernement pour mettre les gangsters derrière les barreaux. C’est en tout cas grâce à elle que la carrière de Capone pris fin ». Cette section de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions se conclut sur une sorte de morale.
Des plus complet la Mafia à Hollywood de Tim Adler en plus de contenir de multiples illustrations (photo…) comporte aussi des extraits d’articles, d’interviews et des citations dont de Raymond Chandler. A chaque fois dans ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions les titres des différentes parties donnent le ton.
Cette fois-ci Tim Adler s’intéresse à une autre figure de la pègre. A savoir, « l’homme qui n’avait aucun scrupule à fournir Hollywood en drogue était Lucky Luciano ». Comme précédemment évoqué, la Mafia à Hollywood nous fait passer de l’autre côté du miroir ou de l’écran à savoir la part d’ombre de cette machine à rêves. Ainsi « l’usage de la cocaïne était devenu courant à Hollywood depuis l’ouverture des premiers studios ».
De nouveau dans cette section de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions toute la violence de la pègre et de cette période nous est livrée sans fard. On assiste à des guerres de clans, gangs, des guerres intestines toujours dans le cadre de luttes de pouvoir.
A cette époque « la prohibition fut abrogée en 1933. S’il restait toujours aux gangsters le jeu et la prostitution. Ils avaient désormais besoin de trouver de nouveaux moyens de s’enrichir ». Cela à travers entre autres des syndicats de techniciens. Ceux-ci leur assure une mainmise sur les studios de cinéma et sur les figurants. Ainsi « si les gangsters étaient attirés par l’industrie du cinéma. C’était à cause de l’argent, mais aussi du glamour ».
Tim Adler et la Mafia à Hollywood nous livrent entre autres une autre histoire du cinéma moins édulcorée. Un peu plus loin, on apprend qu’avant même que les gangsters se mettent à lorgner vers Hollywood. « Les studios étaient impliqués dans diverses activités illégales ».
Ainsi « les dirigeants des studios avaient déjà des liens avec le gangstérisme ». Ceux-ci se traduisaient entre autres par l’escroquerie et le chantage. Cependant « peu à peu les studios cessent de magnifier les gangsters et commencent à produire des films dont les héros étaient des agents fédéraux ».
Au fil des différentes parties de cet ouvrage, tout à la fois enrichissant et troublant on découvre toute l’étendue du lien entre la mafia et Hollywood. Cela tout en étant témoins d’une autre vision de l’histoire du cinéma et de l’Amérique.
De même au détour d’une page de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions nous découvrons sous un nouvel angle le portrait de star du cinéma Marino Bello dont la belle-fille n’était autre que Jean Harlow. Ainsi nous assistons à ses débuts, mais aussi à ceux de Marylin Monroe…
De même nous sommes confrontés à des morts mystérieuses ou meurtres maquillés dont l’actrice Thelma Todd. Cela sera développé entre autres dans la section « une diabolique conspiration ». A noter à chaque fois ou presque une continuité entre la fin d’un chapitre et le suivant.
Au détour d’une page de la Mafia à Hollywood de Tim Adler, nous sommes de même amenés à faire plus ample connaissance avec Bugsy Siegel. Ce dernier s’attaqua aux syndicats des figurants après celui des techniciens et en pris le contrôle.
« Un gangster qui veut tellement devenir une star du cinéma qu’il irait jusqu’à payer pour passer un essai. C’est lui si l’on peut dire qui inventera Las Vegas ». On assiste à son ascension mais aussi à sa chute. Bugsy Siegel fut exécuté. En 1991, Columbia Tristar sortait Bugsy un biopic sur Bugsy Siegel incarné par Warren Betty.
Tim Adler poursuit son analyse minutieuse du lien entre la mafia et Hollywood, mais aussi avec la politique. Il ne cherche en rien à édulcorer la réalité. Les luttes de pouvoirs, la violence, les exécutions, les meurtres font rage dans la pègre. C’est un univers et une période impitoyables.
Comme le dit si bien James Ellroy l’auteur de L. A. Confidential. « La triste réalité, c’est que ces types étaient des ordures. La véritable histoire des gangsters c’est une histoire stupide de cupidité et de corruption. Mais Hollywood préfère montrer uniquement le glamour de la recherche du pouvoir en évitant de révéler toutes les saletés qui vont avec ».
Parallèlement à cela dans ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions on est emporté dans une histoire du cinéma qui captivera les cinéphiles : « En 1939 le cinéma était devenu la 11e plus grande industrie d’Amérique. Il y avait aux États-Unis plus de cinéma (…) que de banques (…). Chaque année les studios sortaient près de 400 films, chaque semaine 50 millions d’Américains se rendait au cinéma. Hollywood faisait un chiffre d’affaires annuel de 700 millions de dollars et ce rien que par la vente des billets ».
L’Âge d’or du cinéma est abordé dans ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions sans pour autant oublier le lien unissant la mafia à Hollywood. Ainsi de « grandes figures du cinéma ou politique entre autres côtoyaient des mafieux ».
Quand on parle de mafia à Hollywood on ne peut s’empêcher de penser au film cultes : Le Parrain. Tim Adler revient sur la genèse du film, mais aussi du roman à son origine. Certaines sources d’inspiration ont de quoi surprendre. C’est pourquoi « le Parrain allait indubitablement devenir le plus grand film de gangster qui n’avait jamais été réalisé ».
Au détour d’une page de livre proposé par Nouveau Monde Éditions nous sommes projetés sur les lieux de tournage de ce « conte de fées pour adultes ». Face à cette œuvre « la mafia était ravie que quelqu’un ait romancé son passé ». De même « le Parrain satisfait le goût de l’Amérique pour les histoires merveilleuses ».
Il est intéressant de noter que Mario Puzo « n’avait jamais rencontré de véritable mafioso ». Pour écrire le Parrain il s’appuya donc en grande partie sur ses lectures (témoignages…). De même « Du fait de ses recherches il existe beaucoup de parallèles entre la fiction qu’est le Parrain et l’histoire de la pègre. La plupart des personnages sont inspirés d’hommes ayant réellement existé ».
Des plus pointilleux l’auteur de la Mafia à Hollywood s’intéresse tout à la fois à l’histoire de la pègre et du cinéma de leur âge d’or à leur déclin concernant la pègre. On voyage à travers les années, les lieux (Cotton club, L. A., Hollywood) et les personnalités pour finalement aborder le déclin de la pègre.
Tim Adler conclut cette analyse en nous disant que « l’histoire de la mafia et de la corruption d’Hollywood se poursuit ». Selon lui et au fil de notre lecture on ne peut qu’être d’accord avec lui. « L’histoire même de la mafia à Hollywood peut d’ailleurs être considérée comme une disparition progressive des barrières séparant les gangs et les studios (…) ». Sur ce point l’auteur ajoute « il était vrai qu’à la fin des années 1990, il n’existait plus aucune différence entre la mafia de la réalité et de la fiction ».
Plongez dans une ambiance digne d’un film noir avec la Mafia à Hollywood de Tim Adler
La Mafia à Hollywood de Tim Adler. Nouveau Monde Éditions. Prix : 8,10€
Pour plus d’information : https://www.nouveau-monde.net/
