Oubliez tout ce que vous pensiez connaître à travers les westerns sur l’Ouest avec La Vie quotidienne au Far West de Claude Fohlen
Surprenant. Enrichissant. Intéressant. Voici les termes qui caractérisent le mieux La Vie quotidienne au Far West de Claude Fohlen. Loin des idées reçues, des embellissements, des illusions dressés par les westerns, genre dont je suis fan depuis l’enfance, ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions nous confronte à la dure réalité. Cela à travers une étude des plus documentée reposant entre autres sur de nombreux extraits de témoignages, de lettres….
Le Far West était « le pays de la sécheresse et des grands écarts de température où les conditions de vie étaient difficiles ». « Les mœurs y étaient brutales et cette brutalité marque la vie quotidienne ». Cependant de nombreux Américains ont été attirés leurrés par de fausses promesses et considéraient l’Ouest comme un eldorado. Claude Fohlen à travers La Vie quotidienne au Far West décrypte ce pays, mais aussi cette période de façon minutieuse. Cela dans un style facile à lire accessible à tous qu’il s’agisse de passionnés ou de curieux.
En ouverture de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions nous trouvons une double page consacrée à une carte du Far West. Sur celle-ci on repère entre autres les axes centraux et le trajet emprunté par le Pony Express. Je dois vous avouer que depuis toute jeune j’avais succombé à l’Équipée du Pony Express, Young gun, puis aux westerns à proprement parlé dont les œuvres cultes de Sergio Leone. Ce livre a donc attiré mon attention et m’a pris de court en démystifiant les mythes hollywoodiens véhiculés par les westerns.
Dans un premier temps, l’auteur aborde la thématique « go west » à savoir l’attrait du Far West pour de nombreuses personnes. La question étant : « Comment s’y rendre ? ». Claude Fohlen passe en revue de façon minutieuse les différents moyens de s’y rendre. Ceux si étant déjà marqués par de nombreux dangers.
Ainsi il s’intéresse dans un premier temps aux « voies navales ». On y apprend entre autres que « presque tous les déplacements dans l’Ouest comportaient pendant longtemps l’utilisation de plusieurs moyens de locomotion à commencer par le bateau. Ne serais-ce que par faute de pistes carrossables ». Parmi ceux-ci les « bateaux à vapeur ». Toutefois « les trajets n’étaient pas sans danger (attaque…) ». Finalement « le vapeur finit par succomber face à la concurrence ».
Ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions s’intéresse ensuite aux pistes et diligences. Durant cette section, nous avons l’impression d’être projetés à cette période voire dans un western. Ainsi à côté de nombreuses choses que nous apprenons au cœur de cette analyse minutieuse de l’Ouest et du Far West.
Certains propos évoquent dans nos esprits de lointains souvenirs. Dont lorsque l’auteur nous explique que « les émigrants chargeaient tout sur leur chariot ou leur wagon. Ils se déplaçaient toujours en caravane pour éviter de se perdre et de se prémunir contre les attaques éventuelles des Indiens. La nuit venue ils formaient un corral. Le bétail était rassemblé à l’intérieur et attaché aux roues sous la garde d’une sentinelle armée ».
Au fil de notre lecture de La Vie quotidienne au Far West, Claude Fohlen nous met en garde contre les idées reçues, préjugés instaurés en partie par les westerns. Ainsi les Indiens n’étaient pas toujours hostiles. Le troc était courant entre eux et les voyageurs. Cependant parfois les relations étaient moins amicales. Certains tentaient de prendre par la force quelques marchandises ou attiraient les pionniers dans une embuscade.
Toutefois ce ne sont pas les seules embûches qu’ils rencontrent durant ce périple parfois mortel dont les conditions étaient rudes. Parmi ces menaces : les maladies dont la dysenterie et le choléra des plus mortelles. « Les morts étaient enterrés sur place leur tombe marquée d’une croix ». Cependant « à la veille de la guerre de Sécession des services réguliers de diligences allaient faire disparaître la plupart des aléas de la traversée ».
Durant ce passage de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions l’auteur aborde entre autres le sujet du Pony Express. « Ce dernier a été créé en 1860. C’était un service rapide de cavaliers entre Saint-Joseph et Sacramento reliés en 10 jours ». Certains des « personnages légendaires de l’Ouest ont commencé leur carrière dans le Pony Express dont Williams Cody (alias Buffalo Bill) comme cavalier et Wild Bill Hickok comme chef de station ».
Cependant « ce métier n’était pas de tout repos. Car il fallait se tenir en selle quelque fut le temps, s’attendre à des coups fourrés des Indiens et sauver dans tous les cas le (…) sac de courrier ». Comme beaucoup de choses, il ne résista pas à la modernité et « sera concurrencé par le télégramme à partir de 1861 ».
Le Pony Express comme la diligence devinrent des thèmes récurrents au cinéma. Cette dernière « offrit à John Ford une carrière glorieuse avec La Chevauchée fantastique ». De même elle est présente dans de nombreux westerns. Comme beaucoup de choses, la diligence ne survécut pas à la modernité et fut remplacée par le chemin de fer.
Ce dernier est aussi abordé dans la continuité de cette analyse détaillée. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire « l’ouverture du continent n’a pas détruit le Far West. Bien au contraire, car il est devenu plus accessible aux Américains et aux immigrants ». Ainsi « le Far West est enfant du chemin de fer ».
Claude Fohlen dans ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions passe en revue tous les détails de La Vie quotidienne au Far West. Dans un premier temps, il aborde le point de vue « du côté des mineurs ». Cette section s’intéresse entre autres à la ruée vers l’or et à ses déconvenues. « De nombreuses villes pour la plupart en ruine sont encore là pour rappeler cette épopée et ses déconvenues qui succèdent à de trop fabuleux espoirs. Ce sont les innombrables Ghost Towns. Certaines ont été rouvertes, réhabilitées pour les touristes ».
Durant ce passage de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions, l’auteur nous ouvre les yeux sur les conditions précaires dans lesquelles travaillaient les mineurs. De même que leurs conditions de vie des plus rude marquées entre autres par des problèmes de sécurité et la violence (Outlaw, Indiens…).
Des plus instructif La Vie quotidienne au Far West de Claude Fohlen est une mine de savoir et d’anecdotes. Ainsi j’ai découvert l’origine des Levis ou Denim. « Ils ont pour origine un émigré bavarois Levis Strauss qui fut entraîné par la ruée vers l’or en Californie en 1850. Il avait apporté avec lui à tout hasard un chargement de toiles assez lourdes qu’il espérait vendre à des mineurs comme toile de tente ou bâche ». S’ensuit la légende, tradition liée à l’origine des Levis « créés puis rapidement évolués et adaptés par les mineurs ». Puis la « toile de tente fut remplacée par une serge dite de Nîmes (d’où le nom « denim ») ».
Lors de la section consacrée à la nourriture des mineurs. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Terrence Hill, plus précisément certains westerns dans lesquels il a joué. Car leur nourriture « se constituait d’haricots secs et de porc (…). Ils étaient cuits deux ou trois fois par semaine et conservés dans une marmite ou les puisaient les mineurs jusqu’à épuisement des provisions ».
Au cours de cette section de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions l’auteur aborde une ville indissociable dans nos esprits du Far West ou des westerns. Comme souvent Claude Fohlen démystifie le mythe créé par le cinéma. Ainsi il aborde « la grandeur et la décadence de Tombstone, Ok Corral. Seuls les efforts d’Hollywood qui choisit Tombstone pour tourner plusieurs films la sauva un peu de l’oubli (…) ». Peu à peu « on assiste au déclin des mines au Far West aux détriments d’autres activités ».
Ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions donne la parole à tous ceux ayant vécu à cette période cela à travers différents points de vue. C’est ensuite au tour des fermiers qui se trouvent dans « un environnement hostile ». Cependant « après 1870 et jusqu’en 1900, les fermiers conquerront peu à peu de façon sporadique et discontinu cet immense territoire ».
« A cette période de la loi du Homestead de 1862 permettait en apparence tout au moins à tout colon d’accéder à la propriété du sol sans grandes ressources personnelles. Mais ils ignoraient totalement les conditions spécifiques de l’Ouest (plaine inhospitalière, raison psychologique, conflits pour les terres… ».
La vie quotidienne au Far West tel que nous la présente Claude Fohlen semble loin de l’eldorado promis, espéré. Ainsi « nombre de fermiers ne pouvaient se faire aux conditions du Far West ». « Ils étaient condamnés pour la majorité à s’endetter pour améliorer leurs conditions ».
C’est autour des cowboys d’être abordés dans la section suivante de ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions. Il est le personnage le plus symbolique du Far West, ayant marqué l’imaginaire collectif. Ainsi les cowboys ont trouvé de nombreuses incarnations au cinéma, à la télévision ou dans les livres.
Comme souvent dans La Vie quotidienne au Far West, l’auteur revient sur des idées reçues renforcées par le cinéma ou l’imaginaire collectif. A cette période « la mythologie du western était déjà présente dans le Wild West Show avec Buffalo Bill ». Bien « qu’il soit un homme du Far West, il n’était en aucune façon un cowboy ». C’était un chasseur de bisons. A l’évocation du Wild West Show, je n’ai pu m’empêcher de penser au spectacle proposé à Disneyvillage et qui à ma plus grande déception n’existe plus.
Au cours de cette section de ce ouvrage proposé par Nouveau Monde Éditions, on assiste à leur apogée, puis de leur déclin. Des plus enrichissante, cette partie nous livre de nombreuses informations des plus captivantes sur entre autres : les rodéos, les mustangs, le Colt, la Winchester …. De plus on apprend que leur vie d’errante et épuisante était loin du glamour exploité par le cinéma.
La Vie quotidienne au Far West s’intéresse en suite aux Indiens. Loin des préjugés l’auteur aborde ce sujet avec objectivité et compassion. Cela face aux spoliations, trahisons ayant marqués leur vie. Ainsi « les Indiens sont indissociables de la vie de l’ouest où leur présence avait souvent déterminé le comportement des pionniers ». « Ceux-ci de leur côté ont vu l’avancer des pionniers comme une menace dirigée directement contre eux et comme une violation du traité, signé depuis peu leur garantissant à perpétuer leur terre ».
Cette section de ce livre des plus complet proposé pas Nouveau Monde Éditions, nous dresse un portrait des Indiens loin des clichés créés par les films ou plus précisément les westerns. Cela sans pour autant minimiser les conflits et massacres. Ainsi l’auteur aborde le fait « qu’au-delà des conflits et sans en nier l’importance. Ce qui importe ce sont les transformations que le contact avec les blancs a entraîné dans la vie des Indiens. Celles-ci n’ont pas toujours été positives (cheval, christianisme, arme à feu, alcool…) ».
De même au-delà de nous rapporter leur vie quotidienne au Far West l’auteur nous ouvre les yeux sur certains points. Dont le fait que « des tributs avaient disparue ou étaient en voie de disparition ». Cela était dû entre autres à l’impact des maladies contagieuses attrapées au contact des pionniers.
De plus leurs conditions de vie étaient des plus difficiles marquées entre autres par « de vastes transferts de population certains volontaires d’autres imposés par la force ». De même « au début du XIXe siècle, la nouvelle république désireuse de réserver la terre à ses citoyens avait commencé à regrouper les Indiens dans ce qui s’appelait alors l’Indian territory ».
Ce livre proposé par Nouveau Monde Éditions est des plus documenté. Ainsi, il s’appuie sur différents extraits de textes, de témoignages, de lettres…. Durant cette section, Claude Fohlen s’intéresse entre autres à « l’adaptation des Indiens des plaines ». Pour qui « la disparition des bisons a signé le glas ».
Au cours de ce passage nous retrouvons Buffalo Bill. « Williams Cody de son vrai nom, cavalier du Pony Express participe à des expéditions punitives contre les Indiens pendant la guerre de Sécession et fut engagé ensuite par le Kansas Pacific RR pour l’approvisionnement du personnel de la voie ferrée en tant que chasseur de bisons ». Des plus complet La Vie quotidienne au Far West de Claude Fohlen s’intéresse à la majorité si ce n’est à toutes les tributs (Sioux, Apaches, Navajos…).
Mais il nous dresse aussi si l’on peut dire « l’anatomie des villes au Far West où le danger et l’insécurité régnaient ». Ainsi « vivre dans une de ces villes de l’Ouest était sans doute stimulant, mais non exempt de danger ». Ces derniers avaient de multiples formes ce que ce soit « les matériaux des maisons en bois ». Ce qui en faisait des proies faciles pour les incendies. Comme cela a été le cas à Chicago en 1871 avec son incendie spectaculaire. Mais cela était aussi dû à l’absence d’hygiène qui « favorisait les épidémies », la violence. Concernant ce dernier point, les hors-la-loi sévissaient aussi. Parmi les plus célèbres on peut citer : Jessie James, Billy the Kid….. De plus « les préjugés raciaux étaient solidement implantés dans les villes de l’ouest », .
Loin du cliché véhiculé par les films Claude Fohlen dresse le tableau de la vie quotidienne au Far West. Nous plongeons au cœur d’une période qui a séduit de nombreuses générations. De plus il nous invite à voir son évolution de façon détaillée. Cette période prend vie tout en étant décrypté devant nos yeux ébahis. Cependant même si « le vrai Far West est mort sa légende survie et se transmet aux générations successives d’enfants, d’adolescents, d’adultes fascinés par ce qui n’est plus ».
Confrontez-vous à la réalité loin du mythe hollywoodien avec la vie quotidienne au Far West de Claude Fohlen
La Vie quotidienne au Far West de Claude Fohlen. Nouveau Monde Éditions. Prix . 9,90€
Pour plus d’info : https://www.nouveau-monde.net/
