Culture

Soyez témoins des derniers jours d’icônes du cinéma à travers Immortelles de Philippe Durant

Immortelles de Philippe Durant. Harper Collins. Photo : Philippe Lim
Immortelles de Philippe Durant. Harper Collins. Photo : Philippe Lim

Émouvant. Captivant. Voici les termes qui caractérisent le mieux Immortelles de Philippe Durant. Ce passionné de cinéma maîtrise parfaitement son sujet comme nous avions pu le voir dans le Petit OSS illustré et son livre consacré à Michel Audiard. Il s’intéresse cette fois aux derniers instants d’icônes du cinéma.

L’auteur à travers ce livre proposé par Harper Collins nous dresse le portrait de femmes, d’artistes immortelles. Cela tout en révélant la part d’ombre ayant marqué leur vie voire leur carrière. Ainsi « elles ont incarné la beauté, le talent, la fragilité et la passion à un degré si absolu que leurs vies ont fini par se confondre avec les rôles qu’elles jouaient (…). Elles furent aimées, admirées, enviées, mais rarement comprises ».

Ce livre se consacre à l’envers du miroir et dévoile « les fissures derrière la perfection. La solitude sous les applaudissements ». Immortelles de Philippe Durant s’intéresse avec pudeur, respect et compassion à « l’approche de leurs derniers instants ». L’auteur aborde de nombreuses icônes, stars cela à travers l’espace, l’histoire et le temps.

Parmi ces icônes, stars immortelles nous retrouvons entre autres Marilyn Monroe. A chaque fois dans ce livre proposé par Harper Collins, on trouve en introduction le nom de l’artiste, de la femme abordée. Ce dernier est associé à une phrase d’accroche qui donne le ton. Ainsi ici : « une chambre, un téléphone, un secret » suivie d’une mise en situation. Dans cette section : « le 04/08/1962, 12305 Fifth avenue Helena Drive. L. A. Californie ».

Intéressons-nous donc à cette première immortelle. Ce livre est écrit dans un style facile à lire des plus visuel, mais surtout empli de respect, de compassion et de passion. De même cet ouvrage est des plus documenté. Ainsi on retrouve entre autres des extraits d’interviews….

Marilyn Monroe nous y apparaît sans filtre. Dès le début d’Immortelles de Philippe Durant le côté illusoire, éphémère de leur statut d’icône est mis en lumière. Ainsi elle se révèle tout à la fois reconnaissante et désillusionnée. Durant un passage, l’artiste s’exprime sur ce bonheur éphémère voire à double tranchant. « Si je suis une star. C’est grâce au public, admet-elle. C’est le public qui a fait de moi une star, ni les studios, ni personne d’autre. Mais pour moi la célébrité n’offre qu’un bonheur partiel et temporaire. Ce n’est pas ce qui me comble ».

Mais aussi : « (…) C’est une forme de soulagement d’avoir terminé un film. C’est un peu comme une suite de courses qu’on fait et une fois franchie la ligne d’arrivée on soupire parce qu’on a réussi. Mais on n’est jamais vraiment arrivé. Il faut toujours recommencer ».

Durant cette section de ce livre proposé par Harper Collins, l’auteur aborde bien sûr le mystère toujours entier entourant la mort de Marilyn Monroe. Nous avions déjà été confrontés à ce sujet dans le Légiste d’Hollywood. Cependant Immortelles de Philippe Durant s’intéresse à une autre facette de l’artiste. Celle-ci est bien loin de la fragilité apparente ou qui semblait la caractériser.

Ainsi l’auteur évoque aussi sa force face à la diffamation dont elle est victime dans la presse. « Grâce à ses avocats elle réfute les arguments du studio (la Fox) et réussit à obtenir gain de cause ». Car après tout « on ne devient pas une star sans être un peu tigresse ».

Cependant au détour d’une phrase ou d’une page on découvre dans ce livre proposé par Harper Collins que la célébrité attire des nuisibles, vautours. Ceux-ci sous couvert de bons sentiments se rapprochent de nos chères immortelles. C’est le cas pour Marilyn Monroe « deux personnes se révéleront importantes dans sa vie et dans son équilibre. Trop importantes selon certains ». De même contrairement à ce que l’on aurait pu croire « en dépit de sa célébrité elle ne roulait pas sur l’or ». Toutefois concernant l’iconique Marilyn Monroe ses derniers instants restent à ce jour un mystère.

Immortelles nous livre l’histoire de stars du cinéma ou plus exactement s’intéresse à leur destin. Certaines ont été foudroyées dans leur élan comme pour Françoise Dorléac, d’autres ont connu des fins plus douces, mais surtout loin des strass et des tapis rouges.

Tout au long de ce livre proposé par Harper Collins le style de l’auteur des plus visuel instaure un rythme à l’histoire et aux témoignages entre instants de vie et de mort. A noter les références cinématographiques et le souci du détail, cela se retrouve entre autres la phrase d’accroche associée à Judy Garland. Celle-ci renvoie au rôle qui l’a rendu célèbres. « Au-delà de l’arc-en-ciel » en référence au Magicien d’Oz et plus précisément à la chanson qu’elle interprétait « Somewhere over the rainbow ».

Ces émouvants portraits de femmes nous font ressentir de l’empathie pour ces Immortelles. Ces dernières nous apparaissent sans filtre, dans toute leur force et leur fragilité. Dont Judy Garland et son addiction aux médicaments qui causa au moins en partie sa perte.

Au fil de son portrait, on découvre que cela est une réminiscence de son passé de jeune star et de l’envers du décor. A l’ombre de l’éclat des paillettes règne ou tout au moins régnait la pression constante. Ainsi cette addiction « remonte à loin quasiment à ses débuts. La faute à son talent.

Lorsque la MGM découvre que Judy avait l’étoffe d’une star en dépit de son jeune âge. Ils décidèrent d’en profiter au max en la faisant travailler à un rythme d’enfer. Clairement, ils l’exploitent faisant fi des conséquences. Or Judy du haut de son 1m50 était de constitution fragile. Elle ne pouvait soutenir ce surcroît de travail qu’à grand renfort de médicaments (stimulants et le soir pour mieux dormir des somnifères) ».

Mais ce n’est pas le seul démon de l’actrice. Peu après dans ce portrait touchant l’artiste en vient à la triste constatation : « Hollywood est un endroit étrange : quand vous êtes malade tout le monde croit que vous êtes contagieux ».

Durant ce portrait plein de tendresse et de compassion on assiste à la grandeur et à la chute de cette icône immortelle. La phrase concluant cette section d’Immortelles de Philippe Durant est tout à la fois une ode à l’artiste, mais aussi une référence cinématographique : « Au petit matin, Judy Garland s’enferme dans la salle de bain pour passer de l’autre côté de l’arc-en-ciel ».

Au fil des pages de ce livre proposé par Harper Collins, nous retrouvons de nombreux portraits de femmes, pour certaines charmantes, franches, rebelles à l’esprit libre. Cependant certaines portent leur part d’ombre. Il en va ainsi de l’iconique Veronica Lake.

« Pendant des années voire des décennies toutes actrices à la longue chevelure blonde lui étaient comparées. Sa vie avant la célébrité ou hors des caméras était comme certaines de ses consœurs marquées par le drame ». Son nom inexorablement me fait penser à L.A. Confidential.

Lors d’une interview datant des années 70, Veronica Lake ne gardait aucune nostalgie de l’époque où elle brillait sur les écrans. Ainsi : « si j’étais restée à Hollywood. J’aurais fini comme Alan Ladd et Gail Russell qui sont morts et enterrés aujourd’hui, dit-elle, c’est une course effrénée imposée par les studios qui les a tués et je savais que cela finirait par m’arriver. J’ai préféré sortir du système. Je n’étais pas vouée à être une star. Je n’ai jamais vraiment pris ce métier au sérieux. Tout le monde pense que j’ai quitté Hollywood parce que ma carrière était en déclin. En réalité, je suis partie pour sauver ma vie ».

Mais aussi « J’ai toujours été rebelle et j’aurais probablement pu aller beaucoup plus loin. Si j’avais adopté une autre attitude. Mais quand j’y pense, je ne regrette rien et en suis plus heureuse ». Cependant ses démons ne la laisseront pas en paix. Malheureusement au crépuscule de sa vie elle sera seule.

Philippe Durant au-delà de nous ouvrir les yeux sur ces Immortelles nous livre des anecdotes sur le cinéma. Celles-ci captiveront les cinéphiles, mais aussi nous feront découvrir l’envers du décor loin des illusions et du faste.

Au détour d’une page de ce livre proposé par Harper Collins nous retrouvons au sein de ces immortelles dont certaines se sont brûlées les ailes, l’iconique Nathalie Wood. De même on retrouve des exemples de courage d’artistes qui comme le commun des mortels ont perdu un combat contre une longue maladie.

Dont Ingrid Bergman, celle-ci consciente qu’elle ne gagnera pas son combat contre le cancer, décide de ne pas se « laisser abattre. Elle souhaitait continuer à profiter de chaque jour, chaque heure, chaque seconde ». Mais aussi la cultissime Ava Gardner avec de nouveau un titre qui fait référence à l’un de ses films emblématiques. A savoir « derniers pas d’une comtesse aux pieds nus ».

Pour ma part, je me rappelle surtout d’elle dans Pandora. Cette dernière était elle aussi atteinte d’une maladie incurable. Face à la maladie Ava Gardener déclara « c’est une des choses que j’ai comprise très tôt dans la vie il faut persévérer ». Maxime que l’on pourrait faire notre.

Parallèlement aux émouvants et touchants portraits de femmes, le cinéma français et ses actrices incontournables ne sont pas en reste. Parmi celles-ci on peut citer entre autres : Simone Signoret, Arletty, Annie Girardot, Michèle Morgan, l’inoubliable et pétillante Jacqueline Maillan. Ces actrices françaises côtoient des grands noms du cinéma international comme elles immortelles. Parmi celle-ci les cultismes et iconiques : Greta Garbo, Marlène Dietrich, Katherine Hepburn, Elizabeth Taylor….

Toutes tombent le masque dans ce livre proposé pas Harper Collins et nous apparaissent sans filtre loin des strass. Cela dans des portraits émouvants et bienveillants. Philippe Durant avec Immortelles nous livre des instants de vie, de bonheur, de tristesse voire de solitude d’actrices inoubliables.

Laissez-vous émouvoir par ces portraits plein d’empathie et de tendresse d’actrices immortelles dressées par Philippe Durant

Immortelles de Philippe Durant. Harper Collins. Prix : 19,90€

Pour plus d’info : https://www.harpercollins.fr/

Rédactrice freelance, Pigiste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Protected by WP Anti Spam