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Attendez-vous à être agréablement surpris par l’ouvrage Gueules d’assassin qui nous démontre que la photographie n’est pas uniquement un art

Gueules d'assassin la photographie à l'assaut du crime de Bruno Fuligni. Mareuil Éditions. Photo : Philippe Lim
Gueules d’assassin la photographie à l’assaut du crime de Bruno Fuligni. Mareuil Éditions. Photo : Philippe Lim

Surprenant. Enrichissant. Captivant. Voici les termes qui caractérisent le mieux Gueules d’assassin la photographie à l’assaut du crime de Bruno Fuligni. Ce livre proposé par Mareuil Éditions nous livre aussi une histoire de la photographie. De plus cette œuvre donne la part belle aux illustrations et photos. Tout en abordant le sujet dans un stylo facile à lire et à comprendre. Ce dernier est parfois teinté d’humour voire d’ironie en somme tout ce que j’aime.

Bruno Fuligni nous entraîne dans un voyage à travers l’espace et le temps des plus passionnant avec la photographie à l’assaut du crime. Comme le dit si bien l’auteur dans l’avant-propos de ce livre.

« Cette traque de l’identité a été rendue possible par une succession de progrès techniques qui en eux-mêmes n’avaient pas cette visée. La photo d’abord. Puis son exploitation scientifique à travers l’anthropométrie et enfin la numérisation qui débouche sur la biométrie généralisée de l’espèce humaine ».

De même « en remontant à l’origine de cette dérive. Au milieu du XIXe siècle, on retrouve le souci louable de mettre hors d’état de nuire quelques personnes dangereuses, délinquants habituels, criminelles récidivistes qu’il importait de reconnaître ». Ainsi « la police parisienne bientôt imitée par celle du monde entier se mit à photographier systématiquement tous ceux qui passaient entre leurs mains accumulant des milliers de portraits saisissants ».

Bruno Fuligni avec Gueules d’assassin se livre à une analyse minutieuse, émaillée de nombreuses illustrations. Cela dans un style concis, facile à lire qui vous happe dès les premières lignes.

En ouverture ce livre proposé par Mareuil Éditions on trouve la section « avant la photographie / gravures et signalements ». A chaque fois dans Gueules d’assassin de Bruno Fuligni chaque section est introduite par un fait divers ou une anecdote. Celle-ci se décline à travers les illustrations. Ces faits sont restitués ainsi que leur contexte historique.

Notre première escale au sein de ce livre proposé par Mareuil Éditions nous amène au début du règne de Louis XVI. Durant ce passage nous sommes invités à faire connaissance avec « l’empoisonneur Desrues ». Ce dernier « fascinera la France ».

Comme vous aurez l’occasion de vous en rendre compte autre temps autre mœurs. Ainsi « une fois exécuté le peuple de Paris se dispute ses cendres. Dont on croyait qu’elles auraient le pouvoir d’enrichir ceux qui en détenaient une pincée ».

De même « les exécutions publiques étaient de véritables kermesses en ce temps-là. Et ce fut dans la liesse lugubre qu’on colportait le portrait gravé de l’empoisonneur. Avec les détails historiques et véritables des manœuvres abominables et crimes atroces imputables au supplicié ». Parmi les illustrations de cet ouvrage des plus riche et des mieux documenté proposé par Mareuil Éditions. Nous retrouvons en parallèle du fait divers une copie cette gravure.

Des plus enrichissant Gueules d’assassin de Bruno Fuligni est riche en anecdotes et détails captivants. Ainsi on apprend que cette gravure est « postérieure à l’arrestation (…) n’a joué aucun rôle dans l’enquête. Elle était vendue au public (…) et autres canards tirés des faits de l’époque. Ce qui expliquait le parti-pris de l’artiste(…)».

De même on apprend que « Depuis l’invention de l’imprimerie et jusqu’au milieu du XIXe siècle de telles feuilles circulaient à travers les villes et les campagnes. Popularisant les crimes les plus marquants à travers des dessins parfois très grossiers ».

Cet ouvrage des plus instructif, mais surtout captivant s’intéresse à l’évolution de l’identification des criminels. Cela sans oublier aucune époque, ni aucune croyance parfois étonnante plus proche limite de la superstition.

A chaque fois l’auteur de Gueules d’assassin se livre à une analyse minutieuse teintée d’humour voire d’ironie. Ce qui facilite la lecture et la compréhension. Ainsi on apprend que la « théorie du criminel né, dérive elle-même d’une antique croyance en l’analogie du beau, du bon et du vrai (…). Cela malgré des exemples contraires et de la sagesse populaire que les apparences sont souvent trompeuses ».

Cependant « la perspective de pouvoir identifier les criminels éventuels de manière préventive en anticipant le crime inscrit dans les gènes avait un attrait trop puissant pour être abandonné ». Ainsi « au début du XIXe siècle en particulier se développent les études phrénologiques à partir des travaux de Gall ».

Ce dernier « a pressenti l’existence de zones spécialisées dans le cerveau. On déduit naïvement que le développement de certaines zones façonne la boîte crânienne. Au point qu’on puisse discerner les aptitudes et inclinaison d’un individu en observant la forme de son crâne. Comme « certains on la bosse des maths » d’autres présenteraient la bosse du crime ».

Au fil des pages de Gueules d’assassin de Bruno Fuligni on assiste à l’évolution de cette science proche parfois d’ un art. Parmi les illustrations au cœur de cette section de ce livre proposé par Mareuil Éditions on retrouve entre autres : le portrait gravé de l’empoisonneur. Mais aussi un signalement manuscrit, une circulaire du sous-préfet, un formulaire de signalement pré imprimé pour la recherche de forçats évadés datant de 1819.

Concernant ce dernier, l’auteur souligne le fait que ce document « témoigne d’une plus grande méthode dans la recension des caractéristiques et d’une attention plus poussée aux marques distinctives ».

Au cours de notre lecture de ce livre proposé par Mareuil Éditions, on peut aussi observer des avis de recherche illustrés. Mais aussi plus étonnant une gravure sur bois de 1848 d’un canard illustrant un crime effroyable. Au verso de ce type de document « se trouvaient des complaintes qu’on pouvait chanter en cœur sur un air connu en rapport au crime évoqué ». En lisant ces lignes dans ma tête résonnait la comptine liée à Lizzie Borden…

Bruno Fuligni avec Gueules d’assassin nous invite à le suivre à travers l’évolution de l’art du signalement et des époques. Ainsi dans la même période qui va de « la révolution française au début du cinématographe des frères Lumières les prisons se remplissent ».

De même nous apprenons avec stupeur qu’après « la suppression des galères en 1748. Les bagnes et (…) s’établissent dans les grandes villes portuaires de Brest et de Toulon. Ils immigreront ensuite dans les colonies dont l »Australie ».

Ce livre proposé par Mareuil Éditions s’intéresse ainsi aux avis de recherches. « Au fil des (…) l’administration pénitentiaire les normalise ». Ces « avis de recherche (…) adoptaient un vocabulaire uniforme et convenu pour décrire les spécificités physiologiques ». « Quand les recherches s’éternisent un bulletin imprimé du gouverneur est adressé aux préfets signalant les individus recherchés sur l’ensemble du territoire national ».

Comme vous vous en doutez face à ces innovations facilitant leur identification les bagnards en fuite on dû rivaliser d’ingéniosité. Ainsi « changer de nom ne suffit pas. Mieux vaut franchir la frontière ou tenter de se fondre dans la population ». De plus « certains comme Vidocq servirent d’indics ».

Cependant l’auteur de ce livre proposé par Mareuil Éditions n’oublie pas d’évoquer les dérives. Il passe celles-ci à la loupe. Parmi celles-ci il l’étude des crânes,… Cependant c’est comme le dit si bien, Bruno Fuligni avec la phrase de conclusion de ce chapitre « l’invention de la photographie qui va tout charger ».

Ainsi le deuxième chapitre de ce livre proposé par Mareuil Éditions s’intéresse à « la photographie un art au service de l’enquête ». Au-delà du sujet consacré à l’identification des criminelles. Ce livre des plus complet nous livre aussi une histoire de la photographie et de son évolution. Sont ainsi abordés le daguerréotype, mais aussi Louis Arthur Ducos du Hauron. Ce dernier développa la première photographie en couleur au monde.

Cependant Gueules d’assassin de Bruno Fuligni est aussi des plus riches en anecdotes captivantes voire étonnantes. Ainsi concernant « un autre « photographe ». Celui de la guillotine. Dans l’argot des exécuteurs on surnommait ainsi l’aide du bourreau qui devait se tenir à l’avant de ce qu’ils appelaient pudiquement « la machine ». Il tirait littéralement le portrait du condamné. Quand celui-ci était allongé sur la bascule, il fallait fermer la lunette sur sa nuque. Puis lui immobiliser la tête quitte à le tenir par les oreilles (…) ».

Peu à peu ce livre proposé par Mareuil Éditions revient sur la place et l’importance de la photographie dans le cadre entre autres d’enquêtes. Parmi les illustrations de cette section on retrouve la première photographie d’une victime d’assassinat datant de 1855, mais aussi des portraits d’assassins associés à leurs méfaits…

Au fil des pages nous retrouvons les pionniers ou tout au moins les grands noms liés à l’évolution de ce qui est tout à la fois une science et un art. Ainsi «sous le second empire la photographie restait un art dispendieux dont on usait avec parcimonie dans les grandes occasions. Il fallut l’inventivité d’un jeune juge d’instruction pour l’appliquer à l’enquête ». Mais aussi le portrait d’Alphonse Bertillon « le père de l’anthropométrie ».

Ce livre des plus complet proposé par Mareuil Éditions nous entraîne avec cette étude captivante à travers le monde, l’histoire et le temps. Parmi les illustrations de cette section ponctuant comme à chaque fois les innovations de cette science, de cet art nous retrouvons : un avis de recherche datant de 1913. On peut observer un portrait détouré complétant le signalement….

Peu après dans Gueules d’assassin de Bruno Fuligni sont abordés « l’anthropométrie et son prolongement la photographie qui réduisait les risques d’erreur judiciaire ». Ainsi le troisième chapitre de ce livre proposé par Mareuil Éditions se consacre à « l’anthropométrie et la photographie scientifique ».

Durant ce passage le portrait d’Alphonse Bertillon nous est dressé. Ce dernier est « le père de l’anthropométrie et le premier patron du service de l’identité judiciaire à la préfecture de police ». Anecdote amusante, « Il se fit lui-même photographier au banc où il faisait passer les individus appréhendés ».

Au cours de ce passage de ce livre proposé par Mareuil Éditions, nous retrouvons parmi les illustrations cette photo. Mais aussi des gravures illustrant la photographie de cadavre, des mugshot. J’ai appris que ce type de photo « est surnommé ainsi en Amérique. Car le mot mug « tasse » signifie en argot « face, gueule, bobine ». On peut aussi y observer entre autres une photographie d’une salle de cours de signalement descriptif, mais aussi des ateliers de photographie de l’identité judiciaire.

Les deux derniers chapitres de Gueules d’assassin de Bruno Fuligni prouvent qu’il faut se méfier des apparences. Car tous n’ont pas des têtes d’assassin. Au cours de ces parties sont passés en revue les visages de femmes entre portraits et témoignages. Mais aussi plus touchant voire dérangeant « les graines d’assassin » à savoir les photographies d’enfants criminels.

Au fil de notre lecture de ce livre proposé par Mareuil Éditions nous nous rendons compte que plus qu’un art la photographie à « l’assaut du crime » est une science. Cependant l’inverse est aussi vrai.

Soyez les témoins privilégiés de l’avancé tout à la fois d’un art et d’une science à savoir la photographie grâce à Gueules d’assassin

Gueules d’assassin de Bruno Fuligni. Mareuil Éditions. Prix : 30 €

Pour plus d’info : https://www.mareuil-editions.com/

Rédactrice freelance, Pigiste

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