Faites plus ample connaissance avec Francis Scott Fitzgerald à travers un portrait sans filtre

Surprenant. Émouvant. Enrichissant. Voici les termes qui caractérisent le mieux cette biographie « Entre jazz, gin et schizophrénie » de Francis Scott Fitzgerald. Béatrice Balti nous dresse un minutieux et détaillé portrait sans filtre de « l’auteur de Gatsby le magnifique ».
Ce livre proposé par les Éditions Complicités nous livre un travail méticuleux et bien documenté qui nous plonge dans la vie du célèbre auteur. Au détour d’une page, nous apercevons de nombreuses photos et autres illustrations. Mais surtout cette biographie est riche en extraits de textes divers et variés entre autres de l’auteur et de sa femme…. Cette œuvre est composée de courtes parties rédigées dans un style facile à lire.
Tout commence sans grande surprise par l’enfance de Francis Scott Fitzgerald. Je dois vous avouer que c’est dans cette section de cette biographie écrite par Béatrice Balti que j’ai découvert si l’on peut dire l’origine de son nom.
Ainsi on y apprend entre autres que ses parents se sont récemment enrichis. De plus un de ses ancêtres du côté de son père « avait laissé une trace dans l’histoire du pays : c’était l’un de ses grands-oncles Francis Scott Key Fitzgerald ». Ce dernier « avait composé le poème qui fut choisi pour l’hymne américain « The Star-Spangled Banner » et c’était en son honneur qu’ils avaient décidé d’appeler leur fils Francis Scott Fitzgerald ».
Dans cette biographie proposée par les Éditions Complicités, Béatrice Balti nous dresse un portrait sans filtre, sans complaisance, mais surtout avec beaucoup de respect pour son œuvre et pour Francis Scott Fitzgerald. L’auteur nous présente l’homme derrière les œuvres dans toute sa complexité, ses doutes et sa fragilité.
Au fil des pages on apprend que sa vie servait tout au moins en partie de sources d’inspiration pour ses créations. Durant son enfance « son père passait du temps avec lui, lui racontant quelques anecdotes sur son enfance insouciante dans le Sud. Ce qui développait son imaginaire. Il tentait aussi de lui inculquer les bonnes manières ».
« En 1925 Francis Scott Fitzgerald rendra hommage à son père dans la première phrase de Gatsby le magnifique ». Ainsi « dans ma tendre et vulnérable jeunesse mon père me donna on conseil qui n’a cessé d’occuper mes pensées. « Chaque fois qui te prendra l’envie de critiquer une personne, me dit-il, songe que tout le monde n’a pas joui des mêmes privilèges que toi ».
Cependant on découvre dans cette biographie proposée par les Éditions Complicités qu’à cette période tout n’était pas rose. On note déjà si l’on peut dire une certaine instabilité, précarité. Dont concernant son père dont la réussite professionnelle laisse à désirer (licenciement…).
De plus il est porté sur la bouteille et les excès d’alcool. Mal que son fils partagera plus tard avec lui. De même, ils sont amenés à déménager plusieurs fois. Pour finalement revenir dans le Minnesota afin que la famille de Mollie puisse les aider. Cependant déjà à cette période son imaginaire, son imagination sont des plus développés.
Un peu plus loin dans ce portrait de Francis Scott Fitzgerald dressé par Béatrice Balti on en apprend plus sur la naissance de sa passion pour la littérature. Ainsi en vivant « chez leur grand-père le temps que leur père trouve un travail. Ce fut la que le jeune garçon commença à dévorer les classiques situés sur les étagères de son aïeul (Sherlock Holmes, Oliver Twist, Alice au pays des merveilles, Ivanhoé) ».
Dès le début ce livre proposé par les Éditions Complicités nous dresse un portrait nuancé de Francis Scott Fitzgerald. Dans celui-ci, il apparaît dans toute sa sensibilité, sa fragilité, ses doutes, son besoin de reconnaissance. Ainsi «il ne fait pas l’unanimité à l’école ». On lui reprochait sa « vantardise, son besoin de reconnaissance ». « Cela le fait mal voir des autres ». Car « il avait besoin d’un auditoire et de compagnons admiratifs ».
Toutefois les filles ne sont pas insensibles à son charme. Cependant Francis Scott Fitzgerald se fait quelques amis parmi ses voisins qui lui serviront de sources d’inspiration pour ses œuvres. Cela se reproduira tout au long de sa carrière. Il trouve dans ses relations, rencontres et dans sa vie des sources d’inspiration pour ses écrits.
Cette biographe proposée par les Éditions Complicités nous ouvre à toute l’étendue des œuvres et de l’art de cette artiste. Ce dernier semble souvent réduit on a l’impression à une seule œuvre à savoir Gatsby le magnifique.
Durant cette période, Francis Scott Fitzgerald lit beaucoup, écrit beaucoup. Par opposition ses résultats scolaires ne sont pas brillants loin de là. De même on découvre qu’à la rentrée 1909 « c’est la première fois de sa vie que Francis Scott Fitzgerald est publié ». « Le mystère de l’hypothèque de Raymond une intrigue policière est sélectionnée par le journal de l’école ».
Déjà à cette époque il était des plus prolifique. Bien des années plus tard Francis Scott Fitzgerald « allait regretter amèrement que sa mère qui n’avait lu durant sa vie que de la littérature religieuse ou des romans à l’eau de rose se soit débarassée de la majorité de ses œuvres ». Car cela n’entrait pas en adéquation avec ses projets d’avenir pour son fils. Elle avait « l’ambition qu’il fasse fortune dans le commerce tout comme sa famille ».
Au fil des pages Francis Scott Fitzgerald se dévoile devant nous via la plume de Béatrice Balti. Il semble marqué par son enfance. Dont dans le principe d’instabilité qui rythmera en partie sa vie. Ainsi « le fait de n’avoir jamais connu un endroit stable durant sa jeunesse allait faire qu’une fois adulte. Il allait toujours éprouver le besoin de bouger ».
De même on découvre dans cette biographie proposée par les Éditions Complicités ou plutôt on est témoins des rencontres déterminantes stimulantes intellectuellement qui ont marqué sa vie. C’est à cette période que Francis Scott Fitzgerald rencontre son premier succès. « Sa pièce Coward fut jouée à Saint Paul. Il y interprète avec brio le rôle principal. Ce fut un tel succès que le (…) demanda une nouvelle représentation cinq jours plus tard ».
Puis ce livre proposé par les Éditions Complicités enchaîne avec une seconde partie intitulée Princeton. A chaque fois les différentes sections de cette biographie sont introduites par une citation. Au fil des pages de ce portrait de Francis Scott Fitzgerald dressé par Béatrice Balti, il nous apparaît comme quelqu’un de sensible à l’imagination vive.
De plus, il « a toujours besoin de vivre ses émotions intensément. De ce fait il enjolivera malgré lui certains souvenirs ». Ce qui semble être le résultat d’un trouble, d’un manque. A cette période bien que « l’université exerçât sur lui une véritable fascination, même si ses résultats ne sont pas satisfaisants ».
Tout au long de ce livre proposé par les Éditions Complicités en parallèle de sa vie on voit l’évolution de sa carrière, ses publications et le succès qu’elles rencontrent plus ou moins. Au cours de notre lecture de ce portrait de Francis Scott Fitzgerald nous emboîtons le pas du célèbre auteur de son apogée à sa chute.
A cette période, il est conforté dans son idée de carrière littéraire. « En 1914-1915 il écrit une comédie musicale pour l’université, qui connut un véritable triomphe (…) ». Ce qui lui valut plusieurs articles élogieux. De retour à Saint Paul « ça récente notoriété l’avait précédée ».
De nouveau dans ce livre proposé par les Éditions Complicités on note son besoin de reconnaissance. Face à ce trouble, cette fragilité qui semble s’accrocher à lui, on ressent de l’empathie pour lui. Il semble plus humain. De même c’est à cette époque que Francis Scott Fitzgerald contracte la tuberculose dont il aura de fréquentes manifestations.
Au fur et à mesure de notre lecture on peut observer comment sa vie à influencer ses œuvres à travers ce qu’il a vécu ou les diverses rencontres ayant marqué sa vie. De même Francis Scott Fitzgerald « est frappé par la beauté transitoire des choses et par l’évanescence de la jeunesse ».
Ce portrait sans filtre de Francis Scott Fitzgerald dressé par Béatrice Balti nous confronte aussi à ses démons. Il en partage un avec son père : l’alcool. Ainsi « le gin allait devenir sa boisson favorite. Transparent comme de l’eau (…). Cet alcool à 38 allait bientôt être le compagnon indispensable de son écriture de ses joies et de ses infortunes ».
Au fil des pages de cette biographie le film de la vie de Francis Scott Fitzgerald se déroule devant nous. On assiste ainsi à sa rencontre avec Zelda. Celle qui allait devenir l’amour de sa vie et faire basculer cette dernière.
La troisième partie de ce livre proposé par les Éditions Complicités lui est dédiée. Celle-ci s’ouvre par une citation extraite d’un livre de Zelda. Cette dernière apparaît déjà originale voire imprévisible. Traits de caractère qui n’iront pas en s’améliorant bien au contraire.
A cette période, il rencontre Maxwell Perkins. Ce dernier «allait devenir pour Francis Scott Fitzgerald un véritable ami et il sera l’éditeur qui allait l’accompagner tout au long de sa vie ».
Au cours de notre lecture de ce portrait de Francis Scott Fitzgerald dressé par Béatrice Balti nous emboîtons le pas du célèbre écrivain et le suivons dans les méandres de sa vie. Dont le film se déroule devant nos yeux de son succès à sa chute. Cela dans un récit sans filtre, mais non dénué d’une certaine empathie.
Ainsi il est intéressant de noter que chez Francis Scott Fitzgerald le « style est inséparable de l’émotion (…) ». Mais surtout « on retrouve très souvent chez lui une fin tragique qu’il appelle « A touch of disaster ». Ce qui paradoxalement rejoindra aussi sa vie.
De plus il ne faut pas oublier que Francis Scott Fitzgerald se nourrit de ses propres expériences. Ainsi « on retrouve dans ses histoires qui ont pourtant bien commencé un soupçon de tragédie » qui marquera aussi sa vie professionnelle, mais surtout sa vie privée.
Car même au plus fort du succès « le soupçon de tragédie » ne semble jamais loin. Ainsi bien que « L’Envers du paradis devient l’un des plus gros bestsellers de l’année » et qu’il soit devenu le « porte-parole de sa génération ». A cette période soit « 1920 l’avenir de l’écrivain semblait plein de promesses ».
La chute, la décadence commencent en 1929. A cette période Francis Scott Fitzgerald doit lutter contre son alcoolisme et la folie naissante de Zelda. Des combats qu’il mènera une bonne partie de sa vie. Cette dernière boit autant que lui. Ce qui n’aide pas associé à la dégradation de son état mental. Cela laisse présager « a touch of disaster ».
Zelda s’ennuie mortellement. Peu à peu la jeune femme finit par sombrer dans l’alcool, mais surtout dans la folie. De même peu à peu dans ce livre proposé par les Éditions Complicités la bougeotte qui a marqué son enfance le reprend une fois adulte. Ce qui entraîne de nombreux déménagements.
Au cours de notre lecture de ce portrait de Francis Scott Fitzgerald dressé par Béatrice Balti on découvre les faces cachées du célèbre écrivain. Ce dernier semble sujet à ses émotions, mais aussi être des plus généreux.
« C’est un trait marquant de sa personnalité que ce soit du point de vue de l’argent, mais aussi dans ses relations professionnelles. Ainsi s’il était convaincu qu’un écrivain avait du talent. Il se démenait pour que celui-ci soit accepté chez son éditeur ». Parmi ceux-ci : Ernest Hemingway. « Par la suite ce dernier va se montrer critique et condescendant à son égard ».
Dans cette biographie proposée par les Éditions Complicités, en parallèle de la vie de Francis Scott Fitzgerald l’auteur nous présente ses œuvres. Dont je dois vous avouer la majorité m’était inconnu.
Peu à peu une fêlure s’observe que ce soit dans sa relation avec Zelda ou dans son train de vie. Cette notion de « touch of disasters » apparaît aussi dans sa vie. Son alcoolisme se prononce un peu plus. De plus, il souffre de douleurs chroniques à l’estomac. Le désenchantement augmente ils vivent au-dessus de leurs moyens. Pour couvrir leur frais Francis Scott Fitzgerald doit écrire à un rythme soutenu.
Cette instabilité, tension constante ainsi que la folie de Zelda de plus en plus prononcée tout comme ce fait qu’il soit usé par la vie instaure l’idée de fin, de chute inévitable. Ces sombres moments semblent plus nombreux que les moments de bonheur. Seule lueur dans ses ténèbres sa fille Scottie. Cette dernière n’a jamais manqué d’amour. De plus ils ont des amis fidèles.
Au fil des pages de cette biographie voire de ce portrait de Francis Scott Fitzgerald on voit qu’il correspond bien à l’expression « génération perdue » lancée par Gertrude Stein. Celle-ci « englobait tous les jeunes écrivains après la Première Guerre Mondiale qui cherchaient un remède à leur désespoir profond ».
Comme le dit si bien Béatrice Balti, Francis Scott Fitzgerald « était un romantique irlandais qui au fond de lui savait que la vie est une tragédie ». Au cours de notre lecture nous sommes tout à la fois surpris et touché par ce portrait sans filtre de Francis Scott Fitzgerald entre ombre et lumière teinté de tragédie.
Faites plus ample connaissance avec Francis Scott Fitzgerald le créateur du cultissime Gasby à travers un tragique portrait
Francis Scott Fitzgerald Entre jazz, gin et schizophrénie de Béatrice Balti. Éditions Complicités. Prix 22€
Pour plus d’info : https://www.editions-complicites.fr/